Exercer durablement son activité en préservant la biodiversité

Michelin, comme toutes les entreprises, dépend de la biodiversité et des services écosystémiques, pour exercer durablement son activité. C’est pour cette raison que le Groupe prend en compte – dès le stade de la conception – les impacts environnementaux de ses produits dans le choix de ses matériaux, d’architecture et de procédé de fabrication, à travers la recherche et développement. Il cherche également à maîtriser la performance environnementale de ses sites de production ainsi que le développement d’une filière d’hévéa culture responsable. En 2018, le Groupe a formalisé son engagement en faveur de la biodiversité en rejoignant l’initiative act4nature international lancé par l’association française Entreprises pour l’Environnement, EpE. Pour la première fois, plus de 60 dirigeants d’entreprises ont signé une charte de 10 engagements communs, assortis d’engagements individuels propres à chaque entreprise.

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Questions à Nicolas Beaumont

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Les entreprises ont elles aussi un rôle important à jouer dans la protection de la biodiversité. Pourquoi ?

 

Toutes les entreprises dépendent des services rendus gratuitement par la nature pour exercer durablement leur activité. Appelés aussi « services écosystémiques », ces services sont par exemple la pollinisation, la régulation du climat et des phénomènes climatiques extrêmes, mais aussi l’approvisionnement en matières premières et en eau nécessaires pour fabriquer des produits.  Elles ont la responsabilité d’évaluer les impacts de leurs activités sur la biodiversité et les écosystèmes et de mettre en œuvre les actions nécessaires pour les éviter dans un premier temps, puis réduire au maximum ceux qui ne peuvent pas être évités et enfin restaurer les écosystèmes dégradés. Michelin, par exemple, est un grand consommateur de caoutchouc naturel car il l’utilise pour la fabrication de ses produits. Si l’équilibre des écosystèmes qui fonctionnent autour des Hévéas est perturbé, des nouvelles maladies peuvent apparaître, affectant le rendement des plantations. À terme, cela peut menacer les approvisionnements de cette matière première. Pour cette raison, Michelin a mis en place une politique de caoutchouc naturel responsable, a participé à la création de la plateforme mondiale pour le Caoutchouc naturel durable (GPSNR). Le Groupe s’investit également dans le développement d’une filière responsable en portant une ambition de production « zéro déforestation » avec l’appui d’ONG et des communautés locales.

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    En 2018, Michelin a pris des engagements dans le cadre d’act4nature international. 2 ans après, quel bilan faites-vous ? En êtes-vous satisfait ?

    Le bilan global est très positif car la plupart de nos objectifs ont été atteints, en particulier ceux sur la recherche et développement, les sites de production et de recherche et les matières premières. Du fait du COVID,  nous avons dû néanmoins reporter la mise en place des audits sur site et le plan de déploiement de Rubberway sur le terrain car la présence de nos équipes et le contact direct avec les fournisseurs de caoutchouc naturel étaient indispensables.  

    La mise en place en 2018 d’un comité opérationnel multidisciplinaire focalisé sur la biodiversité a permis non seulement de piloter nos engagements 2020 mais aussi de travailler sur la vision biodiversité du Groupe à horizon 2030. La feuille de route de cette vision a été validée par la Gouvernance Environnement du Groupe.  Mais nous n’avons pas travaillé seuls. Nous nous sommes appuyés sur nos parties prenantes externes et nos partenaires pour identifier les leviers de progrès, explorer et développer des outils d’évaluation et construire le plan d’actions.

     

    Parmi les nombreux projets menés par le Groupe, quel est celui dont vous êtes le plus fier ?

     Ce dont nous sommes les plus fiers, c’est d’avoir réussi à impliquer les différents départements tout au long de la chaîne de valeur ; de la recherche et développent en passant par les achats de matières premières et les sites de production et de recherche. D’importants projets de recherche et préservation de la biodiversité développés à travers le monde, grâce à notre réseau d’actifs en caoutchouc naturel mais aussi à nos sites de production et de recherche, illustrent cette démarche. 

    Au Brésil, par exemple, le Groupe a créé la Réserve Écologique Michelin de Bahia. Elle couvre plus de 3 300 hectares et est l’une des zones les mieux protégées de la Forêt Atlantique. Michelin a sponsorisé 110 projets de recherche depuis sa création, portant sur des nouvelles variétés d’hévéas ainsi que sur diverses espèces de mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles, poissons, plantes et champignons. Cette réserve est aujourd’hui un refuge unique pour la biodiversité, avec plus de 2 000 espèces recensées, dont 16 nouvellement découvertes. En France, sur le site de recherche de Ladoux, une convention entre Michelin et le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne a été signée en juillet 2011 afin de garantir la protection d’une zone de 3,5 hectares comprenant des prés-salés. Ces prés-salés continentaux sont des milieux très rares en Europe, dont la conservation est prioritaire.

     

    Quels sont les facteurs clés de succès pour préserver la biodiversité ?

    Tout d’abord, il est nécessaire d’identifier les activités de l’entreprise dont les impacts sur la biodiversité sont les plus importants. Puis regarder où se produisent ces impacts car la biodiversité est avant tout un enjeu local. Il s’agit ensuite d’être capable de mesurer les impacts, car c’est la seule manière de savoir si les objectifs fixés et les actions mises en place contribuent à les réduire. Mais c’est aussi le plus difficile à réaliser car les outils qui permettront aux entreprises de mesurer leur empreinte sont encore en cours de développement. C’est pourquoi nous travaillons avec nos partenaires, et en particulier avec WWF pour explorer, développer et tester les nouveaux outils qui nous permettront, dans un futur proche, d’évaluer l’empreinte biodiversité des activités du Groupe.  

    Cependant, il est impératif de mettre en place des actions et s’engager dès à présent. Les derniers rapports scientifiques démontrent que l’érosion de la biodiversité est tellement importante que nous ne pouvons pas attendre que les outils soient disponibles pour commencer à agir. Pour finir, il est important d’avoir un dialogue ouvert avec l’ensemble des parties prenantes comme les communautés locales, les fournisseurs, les ONGs, les clients etc. et de tisser les partenariats nécessaires pour atteindre les objectifs.

     

    Quelles sont vos ambitions à plus long terme ?

    Notre ambition à long terme est d’arriver à mieux mesurer et réduire l’empreinte du Groupe pour ainsi contribuer à atteindre les objectifs mondiaux pour la biodiversité qui seront fixés à la COP 15 en 2021. La vision biodiversité 2021- 2030 est maintenant prête et déclinée en nouveaux engagements qui seront communiqués au 1er trimestre 2021 dans le cadre d’act4nature international.

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Bilan détaillé des engagements de Michelin en faveur de la biodiversité

Objectifs reportés : Impact Covid-19 : aucun nouveau supplier n’a pu être déployé et aucun audit n’a été possible durant la période de confinement et de fermeture des frontières en 2020.

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