Le « monde d’après » va-t-il être synonyme de réindustrialisation ? En révélant le niveau de vulnérabilité des économies française et européenne, conséquence de plusieurs décennies de désindustrialisation, la crise du Covid-19 relance le sujet de la réindustrialisation. Comme l’a souligné Florent Menegaux, « l’industrie est redevenue une idée neuve en France et en Europe. » Et d’ajouter : « Outre la situation conjoncturelle inédite liée à la pandémie et ses conséquences incertaines, la concurrence des pays émergents, la pression compétitive sur les prix ou encore les défis environnementaux ne disparaîtront pas en claquant des doigts [...] Pour que l’industrie française renaisse durablement, cinq conditions doivent être absolument réunies. »

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L’industrie est redevenue une idée neuve en France et en Europe. Pour que l'industrie française renaisse durablement, cinq conditions doivent être absolument réunies.
Florent Menegaux, Président du groupe Michelin

Les cinq conditions incontournables, selon Florent Menegaux

  • « Les entreprises et les pouvoirs publics doivent aller dans le même sens»

« L’industrie a besoin d’un cadre réglementaire et fiscal stable... »

  • « Localiser les activités stratégiques, sensibles ou régaliennes sur notre territoire »

«  L’enjeu n’est pas de sauver des industries et des produits dont l’avenir est menacé [...] Il faut investir dans les secteurs où la France a une carte à jouer sur le plan mondial, en privilégiant les activités à forte valeur ajoutée et vertueuses sur le plan environnemental. »

  • « Accompagner les transformations sans les bloquer »

« L’industrie, c’est comme un organisme vivant : si elle ne s’adapte pas, elle meurt.[...] Michelin doit aussi ajuster en permanence son empreinte industrielle aux réalités du marché. »

  • « L’Europe doit être une « maison » qui protège »

« L’Union européenne est le seul cadre dans lequel la France peut préserver sa compétitivité [...] Cela passera notamment par des politiques publiques communes ambitieuses et des réglementations technologiques et environnementales exigeantes. »

  • « Réussir la révolution de l’école et de la formation »

« Pour réussir, il faudra notamment développer l’apprentissage et la formation continue à des nouveaux métiers. Par ailleurs, dès aujourd’hui, il est urgent de rapprocher le secteur économique du monde pédagogique et de faire comprendre aux jeunes que l’industrie est porteuse d’avenir.»

Ces cinq conditions suffiront-elles ? Si Florent Menegaux est convaincu que ces conditions sont les clés du succès, le président du Groupe insiste sur l’urgence d’agir : « La chance de la France est d’être positionnée sur des secteurs d’excellence. En ce sens, l’initiative de réintroduire un commissariat au plan générera de la visibilité et nous affranchira des contingences de court terme qui nous paralysent depuis des décennies, pour peu qu’il agisse de concert avec ses voisins européens au service d’une vision stratégique. Nous avons tous les atouts pour réussir. Il ne faut plus tarder !»

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