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Comment Michelin réduit et valorise les déchets de ses usines

96% des déchets générés par les usines Michelin sont aujourd’hui valorisés
98 % des déchets générés valorisés : tel est l’objectif fixé au niveau du Groupe pour 2020

Les analyses de cycle de vie le montrent, les étapes de production représentent aujourd’hui 6 à 10 % de l’impact environnemental total d’un pneu. Un chiffre à prendre en considération, mais qui doit être comparé avec la phase d’usage qui, elle, représente entre 80 et 95 %.
 

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Production : entre 6 et 10 % de l’impact environnemental d’un pneu

L’innovation s’oriente donc d’abord vers la diminution de l’empreinte écologique lors de cette phase d’usage.
Reste que, dans une logique de responsabilité, l’industrie cherche aussi à diminuer son empreinte durant la phase de production.

Depuis 2005, Michelin mesure son impact environnemental

Pour toutes ses usines et ses centres de recherche (77 à travers le monde), le Groupe mesure depuis 2005 les six principaux impacts de ses activités industrielles :

  • Consommation d’énergie
  • Prélèvement d’eau
  • Emissions de COV (Composés Organiques Volatils)
  • Emissions de CO2
  • Déchets générés
  • Déchets mis en décharge (donc non valorisés)

Les déchets représentent en effet aujourd’hui une part importante de cet indicateur, soit 30 %.

Une amélioration de 50% d’ici à 2020

Ces six composantes sont réunies au sein d’un même indicateur, le Michelin Environmental Footprint (MEF), qui permet au Groupe de planifier, mesurer et évaluer chaque année les progrès réalisés par ses différents sites industriels et de recherche. Avec comme objectif, à l’horizon 2020, de réduire notre MEF de 50 % par rapport à 2005.

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Les déchets, une empreinte importante

Nous avons déjà d’excellents résultats. En 2017, dans un contexte d’augmentation modérée de la production, notre MEF s’est déjà amélioré de 24,7 % comparé à 2010. Toutes ses composantes progressent dans le bon sens :

  • Consommation d’énergie -15,9 %
  • Consommation d’eau -27,1 %
  • Émissions de COV -28,4 %
  • Émissions de CO2 -30,7 %
  • Déchets générés -6,7 %
  • Déchets mis en décharge -58,8 %
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Avec deux grands types de déchets produits

  1. Les Déclassés de Fabrication (DFB) : ce sont tous les rebuts issus de la chaîne de fabrication d’un pneu (élastomères, mélanges, pneus non conformes, ...)
  2. Les Déchets Industriels (DI) : ce sont tous les autres types de déchets : (palettes en bois, équipements électrique et électronique, boues, …)

Une valorisation réalisée principalement selon deux voies

  1. La valorisation matière : utilisation comme matière première à la place de matières premières "vierges".
  2. La valorisation énergétique : utilisation comme combustible de substitution (cimenterie, sidérurgie) ou incinération avec récupération d’énergie.

Une politique fondée sur trois principes

Aujourd’hui, notre politique de prévention et de gestion des déchets repose sur trois grands principes :

  1. La réduction de la quantité de déchets générés (notamment par leur réutilisation)
  2. 100 % de valorisation des déchets générés
  3. Un taux de valorisation matière d’au moins 70 % par le développement de filières externes de recyclage innovantes

 

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Exemple : recyclage de la gomme, au service "Mélanges"

Des déchets presque tous valorisés

Au total, depuis 2005, la quantité de déchets générés pour la fabrication d’une tonne de pneu a diminué d’environ 27 %, de 140 à 102 kg (3,6 % en 2017 par rapport à 2016). La quantité mise en décharge a diminué, elle, de plus de 85 % (de 33 kg à 4,2 kg) sur la même période.

En 2017, le taux de valorisation globale (matière + énergie) approche les 96 %. Le taux de valorisation matière reste, quant à lui, compris entre 65 % et 70 % depuis plusieurs années. Parmi les déchets générés en 2017, environ 7 % seulement sont classés dangereux, selon la législation du pays.

Des indicateurs suivis par le Comité Exécutif du Groupe (CEG)

Enfin, pour être complet, notons que, dans un souci d’accélérer encore les progrès du groupe, celui-ci a décidé l’an passé, la création de quatre « programmes MEF » spécifiques :

  • Composés Organiques Volatils
  • Déchets
  • Énergie/CO2
  • Eau

Avec deux objectifs pour chacun de ces programmes :

  1. Sécuriser l’atteinte de la cible MEF 2020, notamment par le partage des bonnes pratiques
  2. Préparer l’avenir en définissant des ambitions à l’horizon 2050, ainsi que des cibles intermédiaires pour les réaliser

Un objectif ambitieux

Chaque composante spécifique du MEF est animée par un chef de programme. Il est entouré d’une équipe pluridisciplinaire d’experts qui conduisent les études d’opportunité et de faisabilité à moyen et long terme. Les orientations stratégiques des programmes sont supervisées par la Gouvernance Environnement du Groupe, comportant trois membres du Comité Exécutif. Preuve de l’importance que Michelin accorde à ces questions.

Rappelons en effet que l’objectif fixé en 2005 était très ambitieux : réduire de moitié l’impact environnemental en 2020 ! On y est presque… et Michelin fait tout pour y arriver.

Valoriser les déchets est un des piliers de la transition énergétique

Gérard POUZET, Direction Sécurité et Environnement

En quoi consiste votre travail au sein de Michelin ?

J’ai la charge de coordonner la politique des Déchets Groupe dans l’ensemble de nos usines à travers le monde. Je collabore avec des managers-relais dans chacun de nos 77 sites. L’idée, c’est de faire que, partout où nous sommes, nous partagions une même vision concernant ces sujets et qu’une même politique « Déchets » soit appliquée.

Parlons-en. Quelle est la vision du Groupe concernant ses déchets ?

Elle est simple. D’abord réduire au maximum la quantité de déchets produits. Rappelons que, un déchet, c’est d’abord de la consommation de ressources inutile.

Vous n’aimez d’ailleurs pas trop ce terme ? 

En effet. Le problème, c’est que, inconsciemment, nousn’accordons pas de valeur aux « déchets ». Alors que, en réalité, dans une logique d’économie circulaire, les « déchets » ont justement un intérêt économique et environnemental. Il faut vraiment considérer nos déchets comme des matières premières secondaires dont il faut prendre soin,c’est très important. Car, les « déchets » sont, selon moi, un des piliers de la transition énergétique et du développement durable.

Quels sont les grands principes qui régissent notre politique ?

Comme je le disais, un : produire le moins de déchets possible. Deux : tendre vers le « zéro mise en décharge ».Mettre en décharge, c’est toujours la moins bonne des solutions...

Concrètement, comment faites-vous ?

Cela passe d’abord par des mesures permanentes de sensibilisation de l’ensemble du personnel. Notamment grâce au relais sur les sites que sont les managers en charge de la question « Déchets ». Ce qui se traduit par le développement de bonnes pratiques, en particulier le réemploi en interne des matériaux ou des produits (réparation, régénération, dépollution). Localement, nous mettons régulièrement en place des challenges à relever dans ce domaine.
Il faut que chacun s’engage, se sente concerné par ces sujets. La volonté, au niveau du Groupe, est vraiment d’accélérer cette prise de conscience, l’implication et l’engagement de chacun. Nous insistons beaucoup sur la notion de coût, pour l’entreprise, mais aussi pour l’environnement.
Pour les matières les plus techniques, cela passe aussi par la valorisation des déchets comme matières premières dans nos propres pneus. Pour tout ce qui n’est pas exploitable directement, nous travaillons avec nos partenaires. Enfin, nous travaillons également avec d’autres partenaires encore pour produire de l’énergie. Ce quiest tout de même mieux que de gaspiller de l’énergie fossile ! Autant de leviers qui expliquent la bonne performance de la composante « Déchets générés » dans le MEF 2017.

La quantité de déchets produits est-elle prise en compte dès la conception des pneus ?

Oui, dès la phase de conception nous essayons en effet d’intégrer le plus possible la dimension de recyclabilité de nos produits,même si c’est parfois très complexe. Cela fait en tout cas partie des choses que nous regardons et pour lesquelles nous sommes sollicités.

Quid des pneus en fin de vie ?

Concernant la fin de vie des produits, la mise en place de systèmes techniques et économiques permettant le recyclage et la valorisation matière ou énergétique des produits usagés est un défi majeur. Le Groupe tient à le relever, dans tous les pays, en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés. Michelin agit de fait depuis de nombreuses années pour la mise en place de solutions efficaces et continue à jouer un rôle prépondérant. Les études menées en 2017 démontrent que 69 % des pneus mis sur le marché par Michelin et les autres fabricants de pneus sont collectés chaque année et traités dans un grand nombre de pays par des filières agréées ou bien certifiées conformes aux réglementations locales. Dans les pays de l’Union européenne, le taux de traitement va même jusqu’à 95 %, au sein de sociétés de valorisation comme Aliapur pour la France.

Certains sites ont aujourd’hui la réputation d’être en avance… Pouvez-vous nous donner des noms ?

Pas de noms, mais je peux vous direqu’aujourd’hui, le taux de valorisation de nos déchets industriels est de près de 96 % pour l’ensemble du Groupe : 57 sites sur 77 ont un taux de valorisation supérieur à 95 % et 34 ont atteint le « zéro déchet en décharge ». Des chiffres exceptionnels, notamment portés par la poursuite du projet « zéro déchet en décharge » en Amérique du Nord.