Le week-end n’a pas été de tout repos pour les équipes et le personnel de Michelin Motorsport. Après l’arrêt des activités imposé par le Covid-19, les objectifs techniques pour cette course, fondamentale pour la préparation des 24 Heures du Mans, étaient ambitieux. Les conditions de travail, alourdies par les procédures de sécurité sanitaire, ont compliqué la tâche de tous les acteurs, tandis que les caprices de la météo ont offert aux ingénieurs développeurs de Michelin Motorsport la possibilité de tester tous les types de pneus présents à Spa-Francorchamps.
« Nous rentrons à la maison satisfait du travail accompli à Spa-Francorchamps », déclare Pierre Alves, le manager Endurance de Michelin. « Lors des trois séances d’essais libres et pendant les qualifications, la piste était sèche et les conditions météo étaient idéales. En revanche, de façon surprenante, le niveau d’adhérence a été très faible durant les deux jours. Cela a influencé négativement les temps au tour et nous avons enregistré des écarts pouvant atteindre, dans les cas les plus extrêmes, près de 4 secondes par rapport à 2019. La longue période d’inactivité a donc affecté le tracé, situé au cœur d’une épaisse forêt de conifères, et l’exploitation des données récoltées sur place tiendra compte de cette situation spécifique. »
Les Total 6 Heures de Spa-Francorchamps 2020 se sont déroulées sous des conditions météo particulièrement capricieuses. Sous la pluie battante, la direction de course a naturellement priorisé la sécurité des pilotes. Ainsi, le départ a été retardé de quelques minutes pour profiter d’une accalmie. Ensuite, en raison de la faible visibilité conséquente à l’accumulation d’eau sur l’asphalte, la voiture de sécurité a rythmé les trois premiers tours de l’épreuve. Enfin, une fois le drapeau vert agité, Toyota Gazoo Racing en LMP1 et Ferrari - AF Corse en LMGTE Pro ont profité des conditions d’adhérence précaires pour prendre l’avantage, en tirant pleinement bénéfice de la capacité des pneus Michelin à évacuer jusqu’à 120 litres d’eau par seconde.
Une demi-heure plus tard, les épais nuages ont laissé la place à un soleil timide, qui a permis à la piste de sécher assez rapidement sur la trajectoire. Une heure après le départ, lors de la première série d’arrêts aux stands, Toyota Gazoo Racing a été la première équipe à passer en pneus slicks l’une de ses voitures, la Toyota TS050 - Hybrid n°7 (Conway/Kobayashi/Lopez). Confortée par les chronos postés par Mike Conway, l’équipe a rapidement monté les slicks aussi sur la n°8 (Buemi/Nakajima/Hartley), alors que tous les autres suivaient le mouvement.

Après un tiers de course, les averses se sont de nouveau invitées à la fête et les pneus pluie sont retournés d’actualité à l’entame du troisième relais. Mais la pluie s’est progressivement intensifiée et la voiture de sécurité a pris de nouveau la piste pour ralentir et regrouper le peloton.
Pendant une demi-heure, la météo n’a pas permis à l’action de reprendre et la direction de course n’a ressorti le drapeau vert qu’à 16h30, soit à la mi-course. La reprise a été intense et une série de belles bagarres dans toutes les catégories a animé les Total 6 Heures de SpaFrancorchamps. Equipés une nouvelle fois de pneus slicks lors de la séance d’arrêts aux stands suivante, les pilotes ont amélioré leurs chronos sur une piste désormais quasi-sèche. De nouveaux leaders ont émergé au fur et à mesure dans les catégories LMGTE Pro et Am, tandis que Toyota Gazoo Racing en LMP1 et Racing Team Nederland en LMP2 ont profité de l’amélioration des conditions pour consolider leurs positions de tête.
A 1h30 de la fin, en catégorie LMP2, un Paul Di Resta (United Autosports) en pleine lancée a dépassé Fris Van Eerd (Racing Team Nederland) pour s’emparer de la tête de la catégorie. Dix minutes plus tard, Thomas Laurent (Alpine A470 – Gibson) a engagé à son tour le duel avec le pilot néerlandais. Malheureusement la manœuvre n’a pas abouti et le français est parti à la faute.
Suite à la sortie de piste de l’Alpine, la direction de course a déployé pour la troisième fois la voiture de sécurité. Le temps de libérer la piste et l’action a vite redémarré. A 45 minutes de la fin, profitant de la neutralisation, Kazuki Nakajima, sur la Toyota TS050 – Hybrid n°8, se retrouvait en position de briguer la victoire. Mais l’arrêt aux stands suivant a rétabli les hiérarchies et la Toyota n°7 a finalement coupé la ligne d’arrivée devant la voiture n°8. La Rebellion R13 – Gibson n°1 (Senna/Menezes/Nato) complète le podium des Total 6 Heures de Spa-Francorchamps.
En catégorie LMP2, United Autosports a remporté aisément la victoire devant Cool Racing et Racing Team Nederland. Les trois voitures étaient équipées par Michelin, dans une catégorie ouverte à la concurrence.
Dans la catégorie LMGTE Pro, la Porsche 911 RSR n°92 (Christensen/Estre) parvient à s’imposer sur les deux Aston Martin Vantage n°97 (Lynn/Martin) et n°95 (Sorensen/Thiim), tandis qu’en LMGTE Am, la Ferrari 488 GTE n°83 (AF Corse) devance la Porsche 911 RSR n°77 (Dempsey – Proton Racing) et l’Aston Martin Vantage n°90 (TF Sport).
« Je tiens à féliciter nos partenaires dans toutes les catégories, qui ont réalisé des efforts inédits, imposés par des conditions de travail restrictives », conclut Pierre Alves. « Nous sommes fiers de les avoir accompagnés avec efficacité, tout en remplissant nos objectifs techniques. Bravo à l’ensemble de l’équipe Michelin Motorsport qui a travaillé d’arrache-pied pendant deux week-ends consécutifs sur le circuit de Spa-Francorchamps ».

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