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Formula E : bilan à mi-parcours

Le premier Championnat du monde de Formula E arrive à mi-parcours. Interview croisée pour un bilan d’étape avec Estelle Perrier, développeur des pneus MICHELIN Pilot Sport EV dans l’équipe MICHELIN Motorsport, et Jérôme Cambier, bloggeur pour Michelin Motorsport et AutoRacingLive.com by MICHELIN.

Après quatre épreuves, à mi-parcours du Championnat 2014-2015 de Formula E, quel bilan dressez-vous ?

Estelle Perrier : Je suis très enthousiaste. Le championnat suscite l’intérêt des constructeurs/teams, des partenaires, des pilotes et des spectateurs pour plusieurs raisons.

1. Il met à l’honneur le développement et la mobilité durables : il fait la promotion des nouvelles technologies et démontre la fiabilité et la pertinence de la technologie électrique. Il permet d’affiner nos connaissances via la compétition entre les différents teams/constructeurs.

2. On retrouve l’essence même de la compétition automobile : le pilotage et la stratégie. Tous les pilotes disposent de la même voiture, des mêmes pneus et de relativement peu de leviers pneu ou véhicule pour se démarquer les uns des autres. Ce qui fait la différence, c’est la qualité du pilotage et la stratégie de gestion de l’autonomie dans un contexte de recherche de performance. D’où l’intérêt grandissant des pilotes.

3. Le spectacle est assuré. L’environnement urbain, avec ses trottoirs, vibreurs, chicanes étroites, bouches d’égout, différence de revêtement, est assez hostile. Les nouvelles règles, les différentes stratégies sur l’autonomie, la forte rivalité entre des pilotes chevronnés, en sont des ingrédients supplémentaires.

Jérôme Cambier : La première image est celle du professionnalisme de l’épreuve. Les organisateurs partent de zéro dans chaque ville pour créer, accueillir et gérer une épreuve 100 % électrique. Les moyens mis en œuvre sont colossaux pour faire en sorte que le circuit soit le plus sûr et le plus attractif possible, tant pour les pilotes que le public. Il est ainsi toujours étonnant de voir qu’une route urbaine autour d’un parc de jeux en centre-ville peut se transformer en un véritable circuit automobile ! Nous le vivons sur place un peu comme un miracle à chaque fois.

Depuis la première épreuve à Pékin, la qualité des courses et de l’organisation s’est affûtée au fil des quatre manches. Le niveau est très élevé et la lutte incessante : à Buenos Aires, la course fut incertaine jusqu’au bout et on a vu des tentatives de dépassements à quatrede front dans les virages !

Au bord du circuit, à l’opposé des écrans géants, il est très difficile d’identifier les autos et de bien comprendre la course. Les numéros sur les monoplaces ne sont pas très visibles. C’est d’ailleurs une difficulté pour moi qui dois les photographier en action pour AutoRacingLive.com et un manque de lisibilité pour le public présent.

Le bilan reste cependant globalement très positif. Le championnat a sa place dans le paysage des courses auto : vitesse, compétitivité, vrai circuit, cœur de ville, plateau élevé de pilotes… et le promoteur avec ses partenaires comme Michelin travaille après chaque épreuve sur des pistes d’amélioration à tous les niveaux.
Le nerf de la guerre pour le faire savoir reste une forte médiatisation. Elle s’exerce déjà assez bien sur le web ou en TV puisque le promoteur a signé un grand nombre de partenariats avec des grandes chaînes TV : chinoise, américaine, anglaise, française… souvent privées mais sur place, la promotion me paraît absente des villes. Hors du public passionné par les courses automobiles, le nouveau public visé par la Formula E semble encore ignorer l’existence de ce championnat.

 

Et le bilan sur les pneus ?

E.P. : Nos pneus ont démontré dès les premières courses :

  • leur polyvalence aussi bien en termes de revêtement que de fenêtre de température d’usage ;
  • leur constance et un niveau d’usure faible dans des environnements chauds parfois sableux et avec des revêtements hétérogènes ;
  • leur grande robustesse dans un environnement urbain assez hostile.

 

Quelles sont les spécificités de ce Championnat ? Quelles surprises (bonnes ou mauvaises) ?

E.P. : Ce championnat est novateur à plus d’un titre.

  • Par son format : il s’agit de courses d’environ 80 km avec un relais.
  • Par sa localisation : les courses ont lieu en ville et non plus sur des circuits.
  • Par sa technologie : les monoplaces sont 100 % électriques et toutes équipées du même pneu.

Parmi les bonnes surprises, notons la qualité du plateau, la fiabilité des batteries et l’engouement des partenaires et constructeurs.

Parmi les moins bonnes, la fragilité des suspensions et une couverture médiatique encore un peu faible comme l’a souligné Jérôme.

J.C. : Le 100 % électrique : ça marche ! Le bruit des autos est étonnant : il ne s’agit pas du monde du silence annoncé… J’apprécie le système autonome de recharge mis en place pour les monoplaces avec des carburants naturels pour la production d’électricité.  

Lorsque l’on voit l’état de la piste, le pneu polyvalent MICHELIN Pilot Sport EV est stupéfiant malgré les conditions extrêmes de roulage. Le pneu a souffert mais reste à un haut niveau de performance : les meilleurs tours sont souvent obtenus vers la fin de l’épreuve. On vit une course automobile dans un environnement urbain qui durcit sans doute les conditions de course.

Après quatrecourses, si certaines équipes et pilotes se détachent, le championnat semble très ouvert.

Comment les écuries perçoivent-elles le travail de Michelin ?

E.P. : Le retour des pilotes/teams est très bon. Ils mettent en avant plus particulièrement la performance, la robustesse, la durabilité et la fiabilité du MICHELIN Pilot Sport EV.

La durabilité dans le contexte d’un championnat promouvant l’efficacité énergétique est un point clé.

J.C. : Globalement, les teams semblent satisfaits et insistent sur la qualité des pneus. Au début du championnat, c’était le seul élément de l’auto qui ne leur a pas posé de soucis !

Le championnat sera-t-il reconduit l’année prochaine ? Michelin en sera-t-il toujours le fournisseur exclusif ?

E.P. : Le championnat sera bien reconduit l’année prochaine avec une ouverture à de nouveaux constructeurs. Michelin sera fournisseur exclusif jusqu’à la fin de la saison 3 (2016-2017).

Quels enseignements tirer de cette compétition pour les pneus de série ?

E.P. : Les technologies et les nouvelles méthodes de simulation ou de test que nous mettons au point seront utilisées pour le développement de nos gammes tourisme.

Plus généralement, ce sont toutes les connaissances que nous sommes en train d’acquérir sur ce championnat en matière d’efficacité énergétique qui seront mises à disposition des autres Lignes Produits.

Je pense sincèrement que, lors du développement de ces pneumatiques, Michelin a fait un travail fantastique. Dans des conditions aussi extrêmes que celles rencontrées pendant les courses FIA E, nous les avons soumis à très rude épreuve et pourtant ils ont fourni à la fois un très haut niveau de performance et d’endurance, en dépit de la chaleur étouffante.

Nicolas Prost de l’équipe eDams Renault

Ces monoplaces électriques ont de très bonnes performances. J’ai été agréablement surpris lors des premiers tours de roues à Punta del Este. Les pneus sont bien faits. Ils sont capables de rouler sur du sec ou du mouillé et sont très endurants pour toute la course. Le grip et la longévité de pneus sont vraiment top !

Jean-Éric Vergne de l’équipe Andretti

Zoom sur

Le pneu MICHELIN Pilot Sport EV

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En pratique

Calendrier Formula E 2014-2015, un championnat en 10 épreuves

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