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La gestion de l’or bleu

Si les questions environnementales ont beaucoup tourné ces dernières années autour de la pollution atmosphérique et des émissions de CO2, la gestion de l’eau est également un sujet majeur. Dans ce domaine, notre Groupe s’engage et agit.

Enjeux de l'eau - 2017

 

L’eau est vitale pour le développement humain. C’est une ressource à priori abondante, mais l’eau douce sous forme liquide ne représente que 0,5% de l’eau présente sur le globe. Cela laisse tout de même plus de 10 millions de km3 d’eau douce disponibles, mais ils sont inégalement répartis, ce qui crée dans certaines régions du monde des situations de pénurie régulières. Pour mieux gérer l’eau, il faut à la fois réduire les prélèvements, optimiser l’utilisation, et protéger les nappes phréatiques et les eaux de surface de toutes formes de pollution. Le monde agricole, qui « consomme » 70% de l’eau au niveau mondial, est bien entendu concerné au premier chef. Mais l’industrie, 22% des prélèvements mondiaux– un chiffre qui monte à 59% dans les pays développés, doit également se mobiliser et agir à la hauteur des enjeux.
 

Industrie : 22 % des prélèvements mondiaux d’eau
1 pneu voiture : 70,5 l d'eau
1 tonne de pneus : 9,3 m3 d'eau
1 tonne de blé : 590 m3 d'eau

 

Lorsque le groupe Michelin a lancé un indicateur de son empreinte environnementale en 2005, nous avons intégré l’eau dans ses 6 composantes. Nous travaillons au quotidien à réduire nos prélèvements, en travaillant tant au niveau global qu’au niveau local. Cela commence par la sensibilisation de tous nos collaborateurs et leur responsabilisation. Cela passe aussi par des actions concrètes sur nos sites industriels. Nous prélevons aujourd’hui environ 32 millions de m3 d’eau par an, principalement pour le refroidissement de nos installations industrielles et la production de vapeur. Grâce aux efforts entrepris, nous avons réussi en 10 ans à diminuer de plus d’1/3 la quantité d’eau prélevée pour la fabrication de pneus. Aujourd’hui, nous prélevons en moyenne 9,3 m3 d’eau pour fabriquer une tonne de pneu, soit un peu plus de 70 l pour un pneu véhicule léger.

3 questions à Christophe Simoes, Corporate HSE – Environment, Water program Leader, Michelin

Quelle attention particulière accorde Michelin à la gestion de l’eau ?

Après avoir atteint un certain niveau de performance au début de la décennie en cours, nous avons souhaité enrichir notre maîtrise des enjeux de l’eau et accélérer nos progrès. Nous avons mis en place une équipe expert eau, la Water Expert Team, en 2014 pour construire une démarche mieux adaptée, qui permet d’anticiper et de couvrir les impacts (qualité, volume, écosystèmes, santé), les risques et opportunités (business continuity, image, évolution réglementaire) et les coûts opérationnels liés à tous ces enjeux. Depuis 2016 et après 2 ans de développement, nous déployons sur demandes des sites cette démarche au niveau du Groupe.

Elle s’appuie sur trois piliers : la mise en place d’une structure pérenne de gestion de l’eau, le développement d’une véritable culture de l’eau non seulement dans l’entreprise mais aussi autour d’elle, ainsi que la réalisation concrète d’actions de progrès sur le terrain.

Cette démarche a reçu un accueil très positif et les sites sont très demandeurs. D’ici la fin 2017 environ 30% de nos sites auront mis en œuvre cette démarche.

Quelles mesures sont prises sur le terrain ?

Un des tout premier pas consiste à donner du sens aux enjeux de l’eau sur et autour de nos sites. Notamment aux travers de diverses actions de communication, de sensibilisation. En 2016 par exemple, nous avons fourni sur 4 sites en France des kits (douchette et aérateurs) afin de sensibiliser nos employés, ainsi que leurs familles et leurs proches. 2 500 kits ont été distribués soit une réduction estimée à 100 000 m3 d’eau prélevé par an. Et 10% d’économie d’énergie associée !

Sur le terrain, nous avons une approche responsable et pragmatique. Nous prenons des mesures adaptées, spécifiques à chaque usine, pour plus d’efficacité. Par exemple, l’usine Shenyang 2, située dans le nord de la Chine – une zone de fort stress hydrique, est capable de délivrer une tonne de produits finis avec seulement 4,4 m3 d’eau. Nous ne nous bornons pas seulement à travailler sur la réduction des prélèvements. Les enjeux portent également souvent sur la qualité de l’eau, et donc son traitement, ainsi que sur les coûts. Dans tous les cas, nous communiquons sur les progrès accomplis pour valoriser la démarche et accélérer le déploiement de mesures sur d’autres sites.

Nous effectuons également un travail spécifique avec nos entreprises prestataires liées au cycle de l’eau, du prélèvement au traitement des eaux usées, pour accélérer les progrès. Avec eux, nous étudions comment optimiser les systèmes existants, quelles nouvelles pratiques peuvent être mises en place, ou comment intégrer les dernières innovations quand elles sont pertinentes.

Quelles sont les objectifs à terme ?

Aujourd’hui, notre nouvelle méthodologie est considérée par des experts du domaine comme mature et complète. Elle devrait donc permettre une amélioration continue de nos performances au niveau global du Groupe sur de nouveaux axes. Nous préparons actuellement l’après 2020 et la vision 2030. Cette démarche s’appuie sur un engagement fort du top management du Groupe à progresser et devra nous permettre de continuer de croître de manière toujours plus responsable.

Cette maturité du groupe dans la gestion de l’eau nous permet de participer à des initiatives plus larges. Depuis 2014 nous avons accéléré notre participation au sein de l’EPE (Entreprises Pour l’Environnement) au sein du groupe de travail spécifique consacré à l’eau. En 2015, nous avons également participé à la création du Water Industry Club lors de la journée mondiale de l’eau afin de partager des pratiques concrètes directement entre industriels.